Intégrer les services de planification familiale et de dépistage des cancers pour améliorer durablement la santé des femmes au Bénin
Sèmè-Kpodji – La santé sexuelle et reproductive des femmes, ainsi que la prévention des cancers féminins, restent des enjeux majeurs de santé publique au Bénin. Malgré les efforts soutenus déployés ces dernières années, certains indicateurs clés restent inférieurs aux niveaux attendus notamment la prévalence contraceptive estimée à 16,9 % (MICS 2021-2022).
Selon l’Observatoire mondial sur le cancer (GLOBOCAN), en 2022, le Bénin a enregistré 7 496 nouveaux de cancer, dont 1329 cans de cancer du sein et 701 cas du cancer de l’utérus.
Les cancers du col de l’utérus et du sein continuent de représenter des causes importantes de morbidité et de mortalité évitables. Dans ce contexte, renforcer l’accès à des services intégrés, préventifs et de proximité constitue un levier essentiel pour améliorer durablement la santé des femmes et renforcer la performance globale du système de santé.
Dans cette dynamique, le Gouvernement du Bénin a organisé, du 31 mars au 4 avril 2026, une campagne nationale de planification familiale couplée au dépistage des cancers du col de l’utérus et du sein, couvrant les 34 zones sanitaires du pays. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis 2016 pour renforcer la santé de la reproduction, dans un contexte caractérisé par des progrès encore limités.
La planification familiale constitue un pilier fondamental pour réduire la mortalité maternelle et améliorer le bien-être des ménages. Toutefois la prévalence contraceptive moderne demeure limitée, traduisant l’existence de besoins encore insuffisamment couverts. À travers cette campagne, le ministère de la Santé cherche à rapprocher les services des populations, à lever les barrières financières et à promouvoir un accès équitable à l’information et aux services de santé reproductive.
L’une des innovations majeures de l’initiative réside dans le couplage de la planification familiale et du dépistage des cancers féminins, qui optimise les contacts avec les services de santé tout en consolidant la prévention. Lors du lancement officiel, le Ministre de la Santé, le Professeur Benjamin Hounkpatin, a souligné la portée stratégique de cette approche intégrée. « Le couplage de l’offre gratuite de la planification familiale et du dépistage des cancers du col de l’utérus et du sein contribue fortement à la réduction de la mortalité maternelle et infantile et à l’amélioration de la santé des mères et des enfants », a-t-il déclaré.
La campagne a été déployée à travers les formations sanitaires sur l’ensemble du territoire national. Afin de renforcer l’équité d’accès, notamment pour les populations éloignées ou vulnérables, cinq cliniques mobiles mises à disposition par l’Association béninoise pour le bien-être familial ont permis de rapprocher davantage l’offre de soins des communautés.
Des objectifs clairs ont été définis, notamment la mise sous contraception d’environ 13 200 nouvelles utilisatrices et le dépistage de 156 000 femmes en âge de procréer pour les cancers du sein et du col de l’utérus. Les professionnels de santé ont joué un rôle central, en assurant la qualité des prestations, la sensibilisation des bénéficiaires et leur orientation vers des prises en charge adaptées.
Les partenaires techniques et financiers, réunis autour de l’Organisation mondiale de la Santé, ont salué le leadership du Gouvernement du Bénin et la pertinence de cette approche intégrée. À cette occasion, le Dr Jean Kouamé Konan, Représentant de l’OMS et Chef de file des partenaires, a indiqué que « cette initiative est un signal fort d’un système de santé qui progresse et d’un gouvernement qui investit résolument dans la prévention ».
Les partenaires ont également réaffirmé leur engagement à soutenir l’intégration des services, le renforcement des capacités des agents de santé, la disponibilité des intrants et le suivi des résultats.
Au terme des cinq jours de campagne, plus de 69 000 nouvelles utilisatrices de méthode contraceptives modernes ont été enrôlées, soit plus de cinq fois l’objectif. Près de 94 000 femmes ont été dépistées du cancer du sein et plus de 57700 femmes pour le cancer du col de l’utérus. Les résultats consolidés de la campagne contribueront à orienter les prochaines étapes de renforcement des services de santé sexuelle et reproductive au Bénin.
Pour rappel, le Bénin a introduit en routine la vaccination des filles âgées de 9 à 14 ans contre le virus du papillome humain (VPH), principale cause du cancer du col de l’utérus. Ainsi en décembre 2025, le pays a organisé une campagne nationale de vaccination contre le VPH qui a permis de protéger plus de 975 000 filles. Il s’agit d’une avancée significative dans la stratégie nationale de lutte contre les cancers féminins et témoigne de l’engagement du pays en faveur de la santé des adolescentes.